Édito de décembre 2019

par Cristina Jarque, Vice-présidente de la FEP

Je partage avec mon collègue Roland Chemama le poste de vice-présidente de la Fondation européenne pour la psychanalyse. Pour moi, c’est une grande responsabilité que j’assume avec une grande satisfaction, mais aussi avec mon grand engagement au travail. Ce que je veux en tant que vice-présidente de la FEP, c’est que nous continuions à avoir de belles réunions de travail de chaque côté de l’océan. Que nous parvenions à tisser des liens professionnels et amicaux intimes, en regroupant des collègues du monde entier, grâce à la franchise et au respect que nous avons tous envers les différentes lectures et envers le travail de tous et de chacun de nos collègues. J’ai le plaisir de partager que plusieurs membres de la Fondation Européenne pour la Psychanalyse qui venaient de divers endroits en Amérique et en Europe nous sommes réunis à l’Ateneo de Madrid en novembre pour célébrer un Colloque intitulé, Psychanalyse : histoire et actualité. En ma qualité de coordinatrice générale de ce colloque, j’ai eu la compensation de recevoir un grand nombre de messages de collègues en me disant que le colloque avait été un succès. Ce fut une grande satisfaction pour nous tous ! Je crois que la psychanalyse est un travail très important dans notre monde contemporain. Je crois qu’il est important de contribuer avec notre grain de sable à réfléchir à propos des changements sociaux et généraux. Mais pour cela il est nécessaire de commencer avec les changements personnels et subjectifs, et cela c’est la tâche de la psychanalyse. Beaucoup de gens pensent que la psychanalyse n’est plus à la mode, qu’elle ne se soutient plus, qu’elle n’est plus actuelle. En Espagne, les thérapies rapides veulent occuper la place de la psychanalyse qui a eu une époque de grand essor mais qui semble actuellement en décadence. Peut-être est- il vrai qu’aujourd’hui une ombre nous menace de l’arrivée de la fin de notre travail ? Quel est l’avenir de la psychanalyse ?

On sait que en 1909 quand le bateau de Freud jeta l’ancre dans le port de New York, celui-ci vit un groupe de personnes qui l’applaudissaient et Freud dit : Je ne sais pas pourquoi ils m’applaudissent, si je leur apporte la peste. Lacan, de son côté, en 1964, quand il fonda son école, énonça la phrase suivante : … aussi seul que je l’ai toujours été dans ma relation à la cause psychanalytique.

A mon avis, la psychanalyse a toujours été attaquée et nous en tant que psychanalystes nous avons toujours dû nous positionner par rapport à cette attaque et trouver la manière de continuer, en nous regroupant autour de notre cause : l’amour pour la psychanalyse. Le Colloque à Madrid a montré que notre travail repose sur le respect et la liberté, mais aussi dans la fraicheur des nouvelles générations. Nous avons eu le privilège d’écouter les lectures de jeunes collègues qui nous ont appris que la psychanalyse est plus vivante que jamais. Lors du colloque, nous avons eu une réunion de travail présidée par notre cher président Jean-Marie Fossey. Lors de cette réunion de travail, nous avons également les importantes contributions de Gérard Pommier (cofondateur) et de deux autres membres du bureau : Roland Chemama et Gorana Bulat-Manenti. Je tiens à remercier les collègues mexicains (nouveaux membres de la FEP) qui, lors du colloque, ont proposé de publier les textes du colloque à Mexico. Également au cours de cette réunion, de nouveaux projets de colloques ont été proposés pour 2020, à Bruxelles, Barcelone et dans un an à nouveau à Madrid (à L’Ateneo de Madrid sous ma coordination), avec le titre : Violence et corps. En ce qui me concerne, je vais continuer à transmettre la psychanalyse en extension et en intention parce que quand on découvre le passionnant monde de l’inconscient, la vie entière change. On arrive parfois à atteindre une lucidité et un savoir qui ne s’obtiennent d’aucune autre manière.

Merci beaucoup.

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