Que serait Lacan sans Dolto ? 

6 avril 2019
Mairie du 13e, Paris.

Comité d’organisation : Denise Sauget, Gorana Manenti, Daniel Olivier, Gérard Pommier Avec le soutien de Jacqueline Zana-Victor

 

Lacan pour les grands, Dolto pour les petiots ? C’est plutôt pour l’extraordinaire libération des enfants que Dolto est aujourd’hui célébrée. L’enfant très petit est désormais respecté ; des maisons vertes s’ouvrent partout. C’est un succès mondial. Mais que serait l’analyse des adultes, sans une expérience approfondie de l’infantile ? Si une analyse est efficace, c’est parce qu’elle détache les fausses connexions (Falsche Verknüpfung) entre la sexualité infantile et celle des adultes, embarrassée par un complexe d’Œdipe irrésolu avec Maman et papa. Les analyses qui ne libèrent pas cet infantile en sont-elles vraiment une ? L’expérience montre que les théories qui ne s’appuient pas sur l’infantile, comme celles qui s’appuient sur les identifications, sur le rapport à « l’objet », ou qui comptent sur des régressions silencieuses et mortifères ne soulagent en rien des répétitions des névroses de destinée, en dépit de répits momentanés. Pour libérer les fausses connexions, faire parler le passé qui n’est pas passé, Dolto parlait (Lacan aussi d’ailleurs). Ce sont des techniques de la parole donnée et échangée que les enfants nous apprennent, pour peu qu’on les écoute : il faut leur répondre ! Pour analyser ceux qui ne sont jamais tout à fait adulte, il faut libérer l’enfant qui souffre en eux, et lui parler comme Dolto le faisait. Cette leçon peut renouveler une psychanalyse aujourd’hui endormie.

Mais il y a tellement plus, au plan de la théorie ! Dolto a fait un grand enseignement à propos de l’image du corps. Il montre le bien fondé des théories de Freud sur les pulsions, qui grâce à elle ne sont plus un mythe. Ces découvertes sont corroborées par les neurosciences. Le cerveau est divisé entre une partie « droite » pulsionnelle, et une partie « gauche » langagière. L’image du corps à sa traduction dans le cerveau gauche, avec une bouche et des mains surdimensionnées (la pulsion d’emprise). Quant à Lacan dans la dernière partie de son œuvre il a introduit une topologie et une logique du continu. Elles correspondent aux infinis du refoulement primordial et elles sont elles aussi adéquates à la pulsionnalité. Ces avancées de Lacan seraient obscures pour le profane sans les travaux de Dolto. Son expérience a en quelque sorte précédé la théorie. Oui l’image du corps a des allures de bouteille de Klein, ou de bande de Moebius, comme le montrent les distorsions du corps sur les dessins et l’écriture des premières lettres.

Enfin, il faut ajouter que Dolto a fait d’importantes avancées sur la féminité et elles restent plutôt méconnues. Elles prolongent les travaux de Freud, et anticipent sur les mouvements de libération féminine actuels. Elles tranchent en tout cas avec les quelques aphorismes souvent isolés qui sont extraits à tort de l’enseignement de Lacan. Ces avancées méritent d’être remises en mouvement et actualisées, grâce à une Françoise Dolto, toujours jeune…

 

PROGRAMME

  • 9 h – Accueil des participants
  • 9 h 15 – Ouverture : Jacqueline Zana-Victor

Modérateur : Daniel Olivier

  • 9 h 30 – Laura Pigozzi : « Séparation ou sépartition. Une clinique du corps ».
  • 10 h – Nora Markman : « Troubles de la relation précoce ».
  • 10 h 30 – Patricia Trotobas – Frédérick Aubourg : « Le dispositif de la Maison Verte :
    psychanalyse en extension et le sexuel infantile ».
  • 11 h : pause

Modératrice : Florence Méry – Modérateur : Frédérick Aubourg 

  • 11 h 30 – Gérard Pommier : « Dolto, éclaireur de Lacan ».
  • 12 h – Jean-Jacques Moscovitz – Gorana Bulat-Manenti : « Dialogue autour de Dolto ».
  • 12 h 20 – Denise Sauget : « Le rapport de Dolto à la parole ».
  • 12 h 30 : Pause déjeuner

Modératrice : Denise Sauget

  • 14 h – Hélène De Leersnyder : « L’enfant dans l’art, l’enfance de l’art ».
  • 14 h 30 – Marie-Pierre Mansuy : « L’enfance à fleur de peau ».
  • 15 h – Bice Benvenuto : « La psychanalyse aujourd’hui entre le Claustrum de la séance et l’effet Agora de la Maison Verte ».
  • 15 h 30 : pause

Modératrice : Gorana Bulat-Manenti – Modérateur : Jean-Marie Fossey

  • 16 h – Magali Taïeb : « Que seraient les femmes sans Dolto ».
  • 16 h 30 – Jean-Jacques Tyszler : « Quelle voix aujourd’hui dans la cité ».
  • 17 h – Discussion et clôture
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