Sélectionner une page

Colloque
organisé par Monique Lauret, Claire Gillie et Gérard Pommier.

La leçon du flamenco dans le rapport au réel et la culture d’aujourd’hui

13 avril 2019
Salle du Sénéchal
17 rue Rémuzat, 31000 Toulouse

L’art flamenco, comme la corrida, constitue un discours symbolique de type tragique, qui met en scène la dualité pulsionnelle dans la rencontre homme-femme ou dans la rencontre de l’homme avec le taureau, la force animale dominante avec le risque de la mort qui imprègne chaque seconde de la corrida. Un discours et une représentation cathartique dans lesquels chaque invité de cette fête projette, réalise ou vit l’intensité de cette confrontation entre Eros et Thanatos, entre l’amour et la mort, dans une dynamique des oppositions interchangeables.

L’art flamenco se situe au plus près du Réel auquel l’homme se confronte, celui du sexuel ou celui de la mort, dans sa dimension réelle et spirituelle. Les chants profonds du flamenco, le cante jondo, nous permettent d’approcher cette part de duende, qui amène le spectateur à un espace nouveau, celui des émotions et des pulsions sublimées, ce destin particulier de la pulsion qui se détourne de l’objet. La sublimation modifie et déplace le but de la pulsion, qui de sexuel devient créateur et utile à la culture, à l’universel. C’est l’accès à la connaissance et à la culture qui permet de dériver les forces obscures et les pulsions destructrices pensait Freud, mais la pulsion de mort insiste jusqu’au cœur de la culture.

Quelle leçon peut nous apporter cet art authentique et profond dans la culture d’aujourd’hui ? Une culture qui se vide d’esprit dans l’immédiateté, la vitesse, la superficialité et la glorification régressive du sujet de la pulsion, l’individu du temps premier de l’aliénation, centré sur la quête narcissique de sa propre identité. Ce que nous promet le monde technoscientifique à venir, c’est le vol de notre intime, de notre singularité d’être humain rendant sa superfluité légitime et peut-être son « obsolescence » (G. Anders, L’obsolescence de l’homme, II, (1979), Ed. Fario, 2011) programmée comme l’avait annoncé Günther Anders. Seul l’élan créateur permet un éclairage nouveau du Réel, et peut redonner du sens par le biais de la culture à notre univers social et politique, déshabité d’une parole vraie.

La journée d’aujourd’hui, accompagnée de la présence du guitariste et chanteur Vicente Pradal ainsi que de sa fille Paloma, va tenter d’en déplier les différentes facettes.

La journée sera accompagnée d’un concert de Vicente et Paloma Pradal suivi d’un échange.